Un nuage n’est pas une tâche blanche. Il a un volume, des nuances. Les dessins « à plat » prennent soudain du modelé.
C’est de cette anecdote enfantine, où une gouache scolaire prend une autre dimension, que l’aventure de l’art commence. Les cours de dessin me font vibrer tandis qu’ils sont une récréation pour mes camarades.
A cette époque, les années 80, une avancée technique révolutionne le monde : l’informatique. Un plombier moustachu, voulant sauver une princesse des griffes d’un gorille, me montre qu’un ordinateur offre autant de possibilités qu’une toile blanche.
Entre art et technologie, j’aborde donc les arts plastiques, l’audiovisuel, le graphisme, avec appétit, du baccalauréat à l’école supérieure d’art. Internet et la puissance grandissante des machines m’attirent et j’approfondis en expertise le multimédia et la 3D.
Après quelques années en agences, je ne veux plus seulement faire de la prestation en communication en tant que directeur artistique : je veux faire rêver les gens. Je crée alors deux entreprises : une dans le jeu vidéo et une autre dans les applications 3D.
En 2018, tout vole en éclats. Puisque le virtuel, aux mains des marchands, nous soumet désormais, je veux un retour à l’authenticité du réel. Quand le tout-connecté nous déracine, je veux revenir à une expression du corps. Place à la pratique la plus ancienne, fondamentale : la peinture.
La démarche artistique découle de ce parcours. Créer est une façon de s’interroger sur le monde, sur l’utilité de son existence. Après avoir tant œuvré pour l’avoir, je travaille pour l’être : à travers l’art certes, mais aussi à travers d’autres métiers que j’exerce aujourd’hui.