Avant mon travail d'artiste, il y a une question qui me suit depuis toujours : qu'est-ce qu'être humain ? Qui sommes-nous vraiment, et que laisserons-nous derrière nous ? Je m'intéresse à ce qui nous distingue des autres êtres vivants. Qu'est-ce qui nous pousse à dépasser nos instincts pour construire une société ? Pourquoi sommes-nous capables du meilleur comme du pire ?
Ces questions ont toujours guidé ma réflexion. Je suis fasciné par la façon dont nous adoptons des idées, suivons un groupe ou abandonnons parfois nos convictions pour nous conformer. Personne n'est totalement innocent, et je ne fais pas exception.
Lorsque j'ai travaillé dans la publicité, puis dans la communication, j'ai participé à un système qui cherchait à attirer, convaincre et vendre. J'y ai vu une course permanente vers la réussite matérielle, où les relations humaines sont souvent dominées par la peur, le pouvoir et la possession. Même en créant ma propre entreprise, je n'ai pas réussi à échapper complètement à ces mécanismes.
C'est cette prise de conscience qui nourrit mon travail. Je cherche à proposer une autre vision, fondée sur le partage plutôt que sur l'accumulation. Je me reconnais dans la pensée de Spinoza, pour qui nous faisons partie d'un tout, et dans cette idée d'Einstein selon laquelle la vie peut être vécue comme un miracle.
Tout est nourri de cette vision. À travers des œuvres abstraites ou inspirées du quotidien, mais aussi par les vidéos que je réalise, je cherche à rendre visible ce lien qui nous unit aux autres, à la nature et au monde. C'est d'ailleurs quelque chose de fondamental puisque que les écoles dans lesquels j'interviens ont ses sujets en questionnement.
Nous sommes finalement tous pétris de cette quête. Le sens de notre existence se trouve autant dans les gestes les plus simples que dans les questions les plus vastes, et c'est dans la relation aux autres que ça s'illustre, et que nous construisons notre vie humaine.