Christophe Houllier

Technique : Huile et fusain

Dimension : 150 X 70 cm

Composition: Toile mixte coton polyester (non tendue sur châssis)

Format du tableau: Horizontal

Finition : Deux couches de vernis pour protéger et donner une très longue longévité à l’œuvre

Un mineur : une figure couchée d’un homme debout.

Je viens du nord. Et comme beaucoup de chtis, je suis plutôt fier de mes origines car c’est une région bâtie avec des gens courageux.

A cette époque des mines, la pauvreté ne voulait pas dire forcément l’indigence car le travail y était une richesse. Tous partageaient le même destin. Et les corons, ces quartiers de maisons alignées en brique rouge, étaient animés de la joie d’une population fraternelle.

En effet, lors de mon premier projet artistique une fois sorti des Beaux-arts, j’avais interviewé d’anciens mineurs. Ils me parlaient du temps où il n’y avait pas encore de télévision. Il y avait une vie communautaire intense dans la rue, dans les fêtes, dans le labeur…mais aussi dans la douleur… et dans la lutte. Car ces gens qui permettaient à l’Europe de se chauffer, à ses usines de produire, ces gens si essentiels au confort et à la prospérité de nos contrées, ont dû parfois arracher quelques meilleures conditions de travail car ils ne pesaient pas bien lourds face aux impératifs économiques.

C’est la raison pour laquelle, j’avais envie de représenter ce qui nous est demandé finalement à tous : nous taire, nous coucher et produire. Ceci dit, quand je pense aux mineurs, peut-être n’aurions-nous pas à nous plaindre. Le mineur est une figure inspirante car il a fait de sa vie dure une fierté. Car malgré la pauvreté, malgré les accidents, malgré les coups de grisou, les personnes que j’interrogeais n’ont jamais été dans le ressentiment ou la colère.

Je repense à mon grand-père, mineur de fond, mort comme beaucoup de ses camarades, les poumons mis en dentelle par le charbon. Il travaillait sous terre pour empêcher ses enfants de l’y suivre. Puis son labeur fini, sa deuxième journée commençait : il travaillait encore la terre !… mais en surface, dans le champ qu’il entretenait pour remplir les assiettes.

Beaucoup étaient comme lui, dans le courage et la pudeur d’une vie honnête. Ça s’appelle la dignité.