Christophe Houllier

Technique : Acrylique, Huile, Pastel à l’écu, Collages papier

Dimension : 126 X 100 cm

Composition: Papier Etival 300g marouflé sur bois

Format du tableau: Horizontal

Finition : Deux couches de vernis pour protéger et donner une très longue longévité à l’œuvre

J’insiste souvent sur le rôle efficient de l’écriture. Écrire sur sa production picturale, écrire sur ce que l’on vit dans ce « métier » de peintre, écrire sur l’art et son histoire, ça nourrit la peinture.

Et pourtant, cela fait plusieurs mois que je peins sans cette discipline. La réaction ne s’est pas faite attendre. Après plusieurs mois de peinture sans écriture, est venu le moment sans peinture, ni écriture.

Telle une laine sans cardage, la pensée restait une masse informe car je n’en démêlais pas sa substance et n’en nettoyais pas les impuretés. Elle devenait une inutilité crasseuse, encombrante et étouffante.
On finit alors par peindre de façon automatique… puis par ne plus peindre du tout, parce que vient la question du « pourquoi je peins ».
Mais question combien essentielle si on ne veut pas laisser assécher son art, rendre aride son esprit, puis son cœur.

Ce silence durci en carapace – cette coquille – ne laissant plus rien sortir, allait irrémédiablement être fendu : la résidence-atelier de la galerie Abstract Project, au mois d’août allait en être l’étau. Telle une noix, allais-je y trouver un fruit que ce temps aurait finalement permis de mûrir ou ratatiné en un squelette desséché ?

J’aime cette image de la création comme d’un fruit. Possible graine ou retour au minéral, créer est le résultat d’une maturation, ne pas créer c’est seulement vivre ce que la nature a décidé pour nous. Créer c’est cultiver son unicité et user de la minuscule liberté qui nous est offerte, ne pas créer c’est être objet du destin.

Peindre sera toujours pour moi une ontologie pratique qui accueille l’extérieur pour bien vivre. Une philosophie des idées mais qui prend corps, utilisant la peinture comme une façon de les matérialiser dans un va-et-vient constant : c’est un regard au monde qui y prend racine comme une manière de faire terreau de l’extérieur.

C’est pourquoi « Le germe roi » est une œuvre prémonitoire à ce texte et une synthèse incarnée des idées qui gravitaient sans forme jusqu’à présent.