Christophe Houllier

Technique : Mix media Peinture acrylique, pastel à l’écu, pastel à l’huile, encre de chine sur papier, papier collé

Dimension : 70 X 80 cm

Composition: Papier Etival 300g marouflé sur bois

Format du tableau: vertical

Finition : Deux couches de vernis pour protéger et donner une très longue longévité à l’œuvre

Cela fait longtemps que je n’avais pas fait de portrait. Et d’aussi loin que je me souvienne, je ne pense pas avoir jamais fait d’autoportrait. Cette œuvre a représenté donc plusieurs défis : l’exercice du portrait, de se dessiner soi-même et puis enfin de rendre cette figuration à la frontière de l’abstraction.

L’autoportrait chez un artiste est un archétype. Il se met en représentation et devient sujet de son travail artistique. Il renvoie au reflet que nous projetons tous à l’égard de l’Autre. Notre visage est pour autrui. Il s’approprie cette image pour nous définir, pour décrire qui nous sommes.

Nous sommes ainsi le visage de l’autre. Et le peindre, c’est comme lorsque l’on se regarde longuement dans le miroir. Nous nous apparaissons comme un étranger. Nous nous voyons enfin comme un être humain lambda que l’on peut croiser dans la rue. Ça donne le vertige et en même temps c’est une vraie leçon de distance sur les choses.

Mettre ce portrait à la limite de l’abstraction, c’est aussi dépersonnaliser cette représentation. Elargir le propos au-delà de ma petite personne pour s’interroger sur le reflet que nous renvoyons aux autres et à nous-mêmes. La conscience est une exploration en soi-même, une interrogation permanente sur qui nous sommes tout au long de la vie.
Nous sommes différents à 20, 30, 60 ans. Et pourtant, nous sommes toujours la même personne. Le reflet que nous renvoyons est une illusion nécessaire mais nous savons bien que 1000 contradictions, 1000 questions, 1000 possibilités se cachent derrière nos actions.

Nos actes nous définissent mais ils sont le fruit de choix sur un grand nombre de versions de nous-mêmes, fruit de nos expériences passées et envies pour le futur. Et souvent le présent en est prisonnier. Ce visage montre donc cette variété de facettes grâce à ce mélange de papier et de couleurs qui fixe dans une image qui se veut archétypale, notre impermanence.