Christophe Houllier

Technique : Mix media Peinture acrylique, pastel à l’écu, pastel à l’huile, encre de chine sur papier

Dimension : 120 X 120 cm

Composition: Papier Etival 300g marouflé sur bois

Format du tableau: Carré

Finition : Deux couches de vernis pour protéger et donner une très longue longévité à l’œuvre

1750,00 

Rupture de stock

À la suite de l’œuvre précédente, il m’est apparu clairement que je devais changer de format pour passer à un support carré. Celui-ci ne convenait pas jusqu’alors avec un des fondements de ma recherche plastique, qui était la verticalité : celle de l’animal debout que nous sommes en même temps que celle de l’élévation de l’âme.

Je faisais une distinction de l’être humain parmi les espèces animales parce qu’il porte la conscience de lui-même, l’amenant à s’interroger sur le pourquoi de son existence : savoir s’il y a une raison, une logique.
Les « Cosmogonies » étaient ainsi une première étape, interrogeant sur notre rapport à Dieu en tant que transcendance et constituaient une dialectique sur la nécessité de s’affranchir des superstitions et des illusions des religions mais en garder l’étonnement et la joie d’être.

Donner des raisons extérieures aux êtres, aux choses et aux événements nous complait dans l’infantilisation et dans l’ignorance. Dans cette deuxième étape que sont les « Abimes », en m’affranchissant du format vertical, je supprime toute idée de haut et de bas, d’élévation. Je dessine un espace défini sans altérer l’idée d’infini. Je veux parler ici de la profondeur et de l’immanence de Dieu.

Saisir ce concept est l’objet même des « Abimes ». Cette œuvre est l’illustration de cette quête : chaque figure existe en elle-même mais constitue partiellement une autre. Nous sommes dans l’interconnexion de tout dans tout, comme nous-même sommes une des figures de l’infinité des effets de Dieu.

Je suis à l’orée d’une pensée qui est encore pour moi complexe à aborder et que je découvre par Spinoza, dont je me trouve beaucoup liens avec sa pensée.

Ce fut un « accouchement » avec cette œuvre : ne pas avoir le rendu qu’on espère, s’apercevoir qu’une idée est mauvaise, poser un geste maladroit, ne pas s’en sortir avec sa composition et du coup se laisser distraire par d’autres choses que sa peinture… Quand ça arrive, on commence à se poser des questions : sur sa démarche, sur sa créativité, sur sa technique, etc. C’est la spirale.

Puis est venue la volonté d’en découdre, de faire des choix plastiques radicaux, encouragé par l’énergie que me transmettait l’œuvre précédente (dont je disais qu’elle constituait une référence pour moi). J’ai donc pu enfin achever « Abime N°6 » pour avoir une œuvre qui compte aujourd’hui beaucoup pour moi et pour la série en cours.

Techniquement, elle marque une évolution dans ma pratique avec des outils, des gestes nouveaux, posant un rendu plus énergique que sur les N°1 à 4 des « Abimes », assuré par des matériaux offrant tout leur potentiel de souplesse et de force.