Christophe Houllier

Technique : Mix media Peinture acrylique, pastel à l’écu, pastel à l’huile, encre de chine sur papier

Dimension : 100 X 100 cm

Composition: Papier Etival 300g marouflé sur bois

Format du tableau: Carré

Finition : Deux couches de vernis pour protéger et donner une très longue longévité à l’œuvre

J’ai beaucoup hésité avant d’exposer cette œuvre. En tous points, celle-ci ne trouve qu’une grâce à mes yeux, celle de me mettre mal à l’aise. J’ai obstinément utilisé des couleurs qui ne plaisent pas et dont le mariage me semble disharmonieux. J’ai choisi aussi ce vert franc avec lequel j’ai extrêmement de mal à travailler.
Je vois que chez d’autres artistes, l’emploi de cette couleur peut être heureux mais dès lors que je souhaite la mettre dans ma palette, je suis toujours déçu par le rendu.

Mais pourquoi, peut-on se dire, employer des couleurs et des associations qui ne s’harmonisent pas avec bonheur ?
Parce que précisément, je souhaitais me mettre en inconfort, ne pas tomber dans la déco. Un ami artiste, Patrick Blanchon, emploie une des ses expressions dont il a le secret : « S’écarter du beau pour s’approcher du vrai ».
J’interprète cette phrase comme ce que doit être la quête de l’artiste. C’est une recherche d’authenticité. Ne pas se laisser séduire par des effets faciles mais au contraire bousculer ses habitudes et, n’ayons pas peur des mots, trouver grâce dans le laid.

Quand je peins, je ne me demande pas « sur quel joli mur je peux accrocher ce tableau ». Je vis une expérience qui, ici, est de penser que la recherche du beau peut être un leurre. Quel trésor puis-je trouver dans ce qui, à-priori, ne me plaît pas ? Que le monde serait bien plus paisible si l’on pouvait se dire ça au quotidien pour toute chose.
C’est pourquoi, après bien des hésitations, j’ai décidé d’assumer pleinement cette œuvre. Elle a parfaitement sa place dans la collection et confirme bien que mon travail d’artiste est avant tout de poser question et d’avoir la chance de partager cette interrogation avec des amateurs d’art sensibles à cette voie.

Et pour le futur acquéreur de « Abime N°10 », cette peinture mérite donc le même soin que les autres œuvres : être le plus honnête possible dans sa démarche, porter attention au choix des matériaux afin de livrer un objet haut-de-gamme, travailler avec application pour offrir de la profondeur à celle ou celui qui la regarde.